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 Anthologie

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Vitae 50
Jinsei 90
Chïwit 1000
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Date d'inscription : 02/04/2013

MessageSujet: Anthologie Jeu 4 Juin - 22:20

Ô gouffre ! l’âme plonge...

Ô gouffre ! l’âme plonge et rapporte le doute.
Nous entendons sur nous les heures, goutte à goutte,
Tomber comme l’eau sur les plombs ;
L’homme est brumeux, le monde est noir, le ciel est sombre ;
Les formes de la nuit vont et viennent dans l’ombre ;
Et nous, pâles, nous contemplons.

Nous contemplons l’obscur, l’inconnu, l’invisible.
Nous sondons le réel, l’idéal, le possible,
L’être, spectre toujours présent.
Nous regardons trembler l’ombre indéterminée.
Nous sommes accoudés sur notre destinée,
L’œil fixe et l’esprit frémissant.

Nous épions des bruits dans ces vides funèbres ;
Nous écoutons le souffle, errant dans les ténèbres,
Dont frissonne l’obscurité ;
Et, par moment, perdus dans les nuits insondables,
Nous voyons s’éclairer de lueurs formidables
La vitre de l’éternité.

Victor Hugo 1853.
Les contemplations – Livre VI
Analyse:

Ô gouffre ! L'âme plonge... peut être une référence à l'allégorie de la caverne de Platon. En effet, dans ce poème, les Hommes contemplent le gouffre, passifs : « Et nous […] contemplons », « Nous sondons », « Nous regardons », « Nous sommes accoudés », « Nous épions », « Nous écoutons », sans aller chercher plus loin, ce qui donne un aspect pessimiste au texte. Ils regardent le temps défiler, ne font rien, son passifs : « Nous entendons sur nous les heures, goutte à goutte », le « goutte à goutte » peut faire référence à un sablier qui s'écoule régulièrement.
Ils se laissent aller à contempler le gouffre, que l'on peut rapprocher de l'âme, alors que leur destinée est à côté d'eux, ils sont accoudés dessus, passifs, concentrés sur quelque chose de vide : « L'oeil fixe ». Puis, parfois, une illusion se dessine à eux « La vitre », un semblant de secours apparaît «l'éternité », mais ils ne bougent pas, ils contemplent. Contemplation que l'on peut rapprocher d'un miroir, d'une introspection de soit-même.

Pourquoi ce poème ?

Ce poème, au rythme irrégulier, me semble être le parfait opposé du Pont. Là où il y avait un désir de changer, d'aller de l'avant, on retrouve ici une passivité aux aspects pessimistes. L'Homme est spectateur et il ne va pas chercher à aller voir ailleurs, il n'est pas curieux. Il laisse le temps défiler et ne fait guère attention à sa destinée sur laquelle il est d'ailleurs accoudé. Il est beaucoup plus absorbé par quelque chose de vide que par l'avenir, la vie. C'est pour cela que j'ai choisi ce poème, parce qu'il est, à mon sens, l'opposé du Pont.
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